Aide à la production no-budget

Présentation du guichet

A la différence de la recherche de financement qui inscrit la production dans une temporalité longue, dépendante de contraintes et calendriers extérieurs, la démarche No Budget entend privilégier l’élan d’une fougue créative, comme opportunité et terrain d’expérimentation où il demeure possible de se former par le faire.

L’AJC estime que le guichet No-budget s’adapte mieux à faire aboutir des formes cinématographiques « simples ». Nous priorisons des écritures documentaires et expérimentales, qui semblent mieux répondre à ce cadre excluant tout financement.

Il s’agit pour nous d’offrir un cadre à ce choix de production minimale afin de pouvoir en explorer tous les potentiels, aussi bien de liberté que de remises en question. Dans cette optique, le No-budget ne se veut aucunement subi, mais choisi.

Afin de situer l’esprit de cette production particulière, voici une collection de termes – ni exhaustifs, ni exclusifs – qui permettent de rendre compte de la singularité de la ligne éditoriale :

  • radicalité entendue comme réduction : réduction du nombre de plans, du nombre de personnages, du temps de fabrication, de la géographie, du dispositif, de l’équipe… Épurer la production, travailler la modestie du projet, envisager le no-budget comme un exercice particulier avec son lot de contraintes et de libertés.
  • hors-norme : le no-budget a pour vocation d’aider des films impossible à produire ailleurs. Il n’y a pas de gestes trop infimes, abscons, arides, ascétiques, poétiques ou étranges que nous ne souhaitions pas accompagner parce que ce sont précisément ces essais cinématographiques les plus modestes que nous désirons développer.
  • artisanat : le no-budget peut être l’occasion de faire un film fait main, DIY, en s’impliquant voire en assurant toutes les phases de réalisation. Le parcours du projet peut être aussi un parcours d’apprentissage, avec une volonté de se former aux différents postes de la fabrication d’un film. Le bricolage est le bienvenu et nous sommes pédagogues pour réfléchir les dispositifs avec les cinéastes.
  • amateurisme : amateur vient du verbe aimer. Le no-budget voudrait encourager des formes audacieuses mues par un désir de faire. L’amateurisme doit être entendu avec ce prisme étymologique et en opposition avec le statut de salarié : faire des films libres et gratuits avec l’envie de les concrétiser sans souci de rentabilité.
  • recherche : le no-budget peut être vu comme une résidence : la mise à disposition d’un laboratoire où mettre à l’épreuve ses idées. Il favorise une recherche en écriture qui mêle les intentions avec une approche très concrète de la réalisation : essayer des plans, des principes de montage, des effets spéciaux, des formats, des dispositifs…
  • art : le no-budget entend créer un trait d’union entre le monde de l’art (plastique, performatif, vidéo voire littéraire) et le monde du cinéma. Les films de geste, de dispositif, d’expérience, de laboratoire, d’essai ; les écritures conceptuelles, non narratives, philosophiques, poétiques, performatives et/ou plastiques sont les bienvenu·es.
  • petites formes : les petites formes désignaient en peinture les natures mortes et les portraits executés rapidement, par opposition aux fresques et aux grandes œuvres qui nécessitaient davantage de moyens. Le no-budget encourage cet exercice modeste de la petite forme entendue comme un art différement exigeant et à part entière dans sa production, voire comme des étapes ponctuelles dans une carrière professionnelle – où se faire plaisir, où oser, où tenter…
  • bénévolat et équipe : les personnes qui interviennent sur les projets sont des bénévoles. Les relations d’équipe doivent donc être pensées en fonction de ce statut particulier de travailleur. Creuser l’horizontalité, les relations entre les postes, le dialogue, inventer de nouveaux rapports d’équipe, entretenir le désir de ses collaborateurices, fabriquer une famille de cinéma, réflèchir aux temporalités de fabrication sont des questions qui ont une réalité concrète.
  • temporalité : le no-budget réclame une autre temporalité que la fabrication standard d’un film. Il y a certainement une rapidité du geste à trouver, une organisation différente et moins concentrée de la production, avec des moments de pause si nécessaire. Nous voulons encourager en tout cas des agendas qui ne s’étalent pas trop dans le temps pour préserver le désir de faire les films.
  • essai entendu comme un principe actif à l’œuve dans les films (essayer des choses) mais également comme un principe esthétique : adopter des formes essais qui suivent le chemin d’une pensée, qui heurtent, qui collisionnent ou qui lient.
  • expérimentation n’est pas le synonyme d’expérimental. L’expérimentation, c’est effectivement la recherche formelle mais c’est aussi dessiner des processus et des nouvelles manières de faire un film, travailler les intuitions, favoriser la recherche concrète.
Descriptif de l’aide
  • accès à du matériel de tournage et de postproduction vidéo (pas de matériel argentique à l’AJC)
  • accompagnement et assistance technique
  • rôle de veille concernant les étapes de travail et le respect des délais
  • recherche ponctuelle de technicien·nes bénévoles, avec les limites propres à ce fonctionnement et en concertation avec l’auteurice
  • diffusion des films
Critères de recevabilité

Les projets doivent correspondre à la ligne éditoriale et économique du no-budget : films modestes dans leur production, qui expérimentent et qui ont besoin de peu pour se concrétiser. Les bourses qui n’impliquent pas de coproduction sont autorisées.

Nombre maximal de rushes : 15 heures.

Modalités de dépôt

Le dossier, rédigé en français, ne doit pas excéder 15 pages. Les formes plus courtes sont les bienvenues.

Sa forme est libre mais il doit nécessairement comprendre ou faire sentir les intentions d’écriture et de réalisation de l’auteurice, les attentes et demandes précises vis-à-vis de l’AJC, un état d’avancement du projet, un calendrier prévisionnel de réalisation du projet, un CV ou une présentation même succincte de l’auteurice.

Pour tous les projets qui disposeraient déjà d’images, il est fortement encouragé d’en montrer une partie. La présentation de rushes ne peut pas excéder 30 minutes. Les dialogues qui ne sont pas en français doivent être sous-titrés. Les personnes qui ne parviendraient pas à créer un lien internet pour montrer ces images peuvent envoyer un fichier vidéo inférieur à 5Go à l’adresse projets@ajcnet.be.

Processus de sélection

PRÉSÉLECTION

L’AJC se réserve le droit de présélectionner les projets sur base de critères :

  • de faisabilité : refus des films où l’absence d’argent est une contrainte trop importante.
  • esthétiques : refus des films qui ne correspondent pas au laboratoire de recherche de nouveaux langages cinématographiques que le no-budget prétend être.
  • de qualité du projet ou de pertinence de la proposition.

SÉLECTION

Les projets présélectionnés bénéficient d’un rapporteur ou d’une rapportrice qui se charge de rencontrer l’auteurice avant la tenue de la commission afin de clarifier ses intentions.

La commission est composée de travailleureuses de l’AJC et de personnes extérieures. Le processus de sélection est démocratique avec une voix pour chacun·e.

Les acceptations et les refus sont ensuite motivés. Ce retour est fait par le ou la rapporteurice.

Le délai de communication des résultats de la commission est toujours mentionné dans l’appel à projets, sur notre site et dans notre newsletter. Tout projet accepté se verra proposer un rendez-vous de rencontre et d’établissement de la stratégie de dépôt des demandes de financement.

Cadre de production

Afin de garantir la bonne fin des films tout en préservant une grande liberté dans leur réalisation, l’AJC a défini quelques balises pour la production No-budget:

  • Entamer le montage image maximum 3 mois après la date d’acceptation du projet à l’AJC.
  • Fin du film (prêt à la diffusion) maximum 2 ans après la date d’acceptation du projet à l’AJC.
  • La majorité du travail se fait en présentiel à l’AJC.
  • Implication réelle des auteurices dans le chemin de production choisi à l’AJC : communication, coordination, recherche collégiale de solutions.

Pour toute question supplémentaire, vous pouvez écrire à projets@ajcnet.be