MANIFESTE



L’ATELIER.

ATELIER JEUNES CINÉASTES : Atelier de production subventionné par la Communauté Française de Belgique depuis 1977, AJC! produit aujourd’hui une dizaine de films NO BUDGET par an, finalisés en vidéo. Grâce à son équipe de terrain, son Conseil d’Administration et aux équipements de tournage et de post-production, l’atelier offre la possibilité à des auteurs de tous horizons de réaliser leur film. AJC! soutient par tous les moyens les projets cinématographiques et audiovisuels qui s’écartent des canons de l’industrie. C’est un lieu d’accueil pour toutes les démarches d’expérimentation, de création filmique : documentaires, films expérimentaux, essais poétiques, fictions ; objets cinéma.

A l’origine, la mise en place des ateliers en communauté française voulait répondre à certaines nécessités et une ambition précise. Ce devait être un terrain fertile et prolifique de cinéastes et de vidéastes qui continueraient, par la suite, à affiner leur expression dans des conditions de production plus “professionnelles” : fertile dans la richesse des différents moyens employés, et prolifique par le nombre de réalisateurs et de films que cela devait représenter.

Nous pensons que les ateliers subsidiés ont, aujourd’hui toujours, un rôle fondamental et irremplaçable. C’est un des rares endroits où le risque peut subsister. Mettre en place de nouvelles formes, avoir ce rôle ingrat et passionnant de découvreur incombe totalement à une structure comme la nôtre. Anticiper les nouvelles formes d’expression et permettre aux auteurs de s’en emparer, de les comprendre et de pouvoir s’en servir nous semble également essentiel.

L’AJC a un peu plus de 30 ans. Il faut aujourd’hui transformer et adapter les structures qui lui permettront de rester utile et productif. Pour maintenir ce terrain fertile et prolifique, pour pouvoir soutenir les auteurs que nous produisons, pour s’adapter à une nouvelle demande et remplir notre mission, il devient primordial de doter AJC de moyens et de ressources financières supplémentaires. Il est aussi important de communiquer à nouveau ce projet à l’extérieur et de recréer autour de l’AJC l’effervescence qui est à l’oeuvre à l’intérieur.


LA PRODUCTION, LES FILMS.

Depuis maintenant plus de 10 ans, l’AJC est devenu le lieu, réel et symbolique, de la possibilité d’une production différente et de perspectives introuvables ailleurs pour la fabrication des films. La proposition que nous défendons encore aujourd’hui est celle du NO-BUDGET. Car très simplement, nous pensons que c’est à la fois la meilleure façon de répondre aujourd’hui à la demande des « jeunes cinéastes » et la meilleure concrétisation de notre spécificité et de notre mission d’atelier. Nous soutenons d’autant plus cette proposition qu’elle prend tout son sens et son intérêt dans le paysage audiovisuel actuel: elle est unique, et elle fonctionne.

PRODUCTION NO-BUDGET : se dit d’une production artistique ou technique réalisée sans aucun apport financier. En bref : toute réalisation audiovisuelle impliquant des dépenses de production réduites à l’extrême, soit : les consommables (cassettes, supports informatiques) ; le prêt du matériel de production, tournage et post-production, ainsi que les assurances correspondantes ; les frais liés à la diffusion du film.

Les films NO-BUDGET seront donc les films qui ne se feront nulle part ailleurs. Il ne faut pas voir dans le film NO-BUDGET la réduction d’un film qui aurait dû se faire avec un budget plus important. Un film NO-BUDGET, c’est avant tout une expression, une manière d’appréhender ce que l’on voit, ce que l’on vit?; c’est une esthétique qui ne peut exister que dans les conditions précaires de son élaboration. L’AJC aide, soutien et produit ce type de film car nous croyons que :

- ce cinéma existe. Un pan entier de la création fonctionne avec des moyens dérisoires et tente de subsister.
- il est fragile. Par la solitude dans laquelle il se pense, se fait et se diffuse, ce type de cinéma est très fragile et demande une attention et un soutien continu.
- il est fécond. Il faut le défendre, parce que c’est souvent de ces lieux particuliers que surgissent des écritures, des styles dont bénéficie l’ensemble des secteurs cinématographique ou vidéographiques.

Il s’agit donc pour l’AJC de soutenir des démarches singulières, de produire les films qui en découlent et de permettre à un maximum d’auteurs de réaliser leurs projets. Ces démarches et ces projets sont accueillis au sein de la structure et profitent de plusieurs type d’aides :

- une aide en conseil et à la production. Les administrateurs bénévoles sont aussi les « parrains » des auteurs accueillis. Ils s’adaptent aux besoins des projets, fournissent conseils, soutien, méthode ; ils encadrent la production des films. Il s’agit de donner l’occasion aux auteurs de faire évoluer leurs projets au sein de l’atelier, les mettre en contact avec les personnes qui peuvent les aider et accompagner leurs démarches le plus loin possible.
- une aide en matériel. La structure offre aux auteurs ses locaux et une chaîne de production professionnelle, tout deux gérés par l’équipe de terrain salariée. Il s’agit de mettre à la disposition d’un projet retenu les consommables, le matériel et l’accompagnement technique rendant possible dans d’excellentes conditions sa réalisation.
- une aide à la diffusion. Un des points forts de notre atelier est de proposer un « pôle diffusion » performant et autonome, géré par par l’équipe de terrain salariée. Il s’agit de permettre à ces films différents de trouver un public, une reconnaissance et impliquer le réalisateur dans cette diffusion. L’AJC a su développer une expertise dans ce domaine, incontournable pour continuer à faire rayonner les films et la structure par le biais des festivals, événements, diffusions télé...

Depuis 1998 l’AJC expérimente et construit, sur ce principe du NO-BUDGET, une manière différente d’envisager le soutien aux jeunes cinéastes. Plus de 10 ans de pratique et d’organisation d’un fonctionnement qui permet toutes ces aides, et le soutien de plus d’une centaine de films.


LA MISSION DE L’ATELIER.

Pendant toute ces années, les conseils d’administration successifs n’ont jamais perdu de vue le rôle public de l’atelier, doté d’un subside communautaire, de personnel ‘ACS’ et ‘Communauté Française’ et d’une aide sous forme de prêt de matériel : ACCUEILLIR TOUT LE MONDE. Et nous accueillons tout le monde, mais de par la spécificité que nous défendons, nous ne pouvons produire tout le monde.

Notre but aujourd’hui est de faire tout pour que notre atelier continue a remplir son rôle d’accueil et pour qu’il affirme son utilité spécifique et sa place dans le paysage audiovisuel des années 2010. Il nous paraît important de redéfinir cette spécificité, à travers les actions que nous associons à notre mission :

- aider à la réalisation de films et vidéos n’entrant dans aucun critère de sélection actuellement soutenu. Donner des moyens de réalisation et des endroits de diffusion à des regards, des formes et des supports différents. Nous voulons rester LE lieu d’accueil des films différents, qui se construisent selon des procédés et des temporalité inhabituels.
- dédramatiser la mise en chantier et la réalisation d’un premier film, pour ne pas inhiber, permettre un contact en douceur avec la profession et permettre à des formes et propos différents de (re-)surgir.
- trouver à chaque projet son cadre idéal d’éclosion. Permettre à un projet de se développer, de renforcer sa cohérence, la pertinence de son propos et la justesse des moyens de réalisation. C’est ici la recherche cinématographique et la richesse des démarches que nous cultivons, pour permettre à chaque film d’explorer son propre langage, de l’amener aussi loin que possible.

Pour compléter cette cartographie de notre mission, il nous faut rajouter les points complémentaires à notre champ d’action, qui vont de pair avec ceux cités ci-dessus :

- travailler l’accueil des jeunes cinéastes autodidactes, celui des étudiants sortis d’écoles de cinéma, de graphisme, d’art, et celui des jeunes techniciens pour leur permettre de «faire leur armes» dans les meilleures conditions : un lieu qui conjugue une exigence professionnelle et une liberté de recherche.
- aider techniquement, grâce aux «coups de main», des films que nous ne produisons pas mais dont nous nous sentons proche. Nous cultivons par là un autre accueil, que nous pensons indissociable de notre mission : donner un soutien à plus de projets, à plus de réalisateurs, que nous ne pouvons pas produire et qui ont besoin de nous.
- enfin, nous différencier des producteurs indépendants et des ateliers d’accueil.

D’autre part, l’Atelier et son fonctionnement depuis 10 ans ont permis à toute une génération d’administrateurs d’être réunis, même brièvement, autour d’un véritable projet de cinéma et d’ouverture. Des anciens administrateurs qui sont aujourd’hui producteurs, réalisateurs, directeurs d’école, techniciens ; tous se sont construit en partie autour de l’objet qui nous anime.

Le Conseil d’Administration actuellement en fonction, comme ceux qui l’ont précédé, s’est attelé à la réalisation de ces tâches pour permettre à notre atelier d’assumer la place qu’il DOIT avoir aujourd’hui. Et si nous avons développé et développeront encore autant d’énergie, c’est pour continuer à défendre les 2 choses qui nous sont le plus chères :

LA LIBERTÉ D’EXPÉRIMENTER ET CELLE DE S’EXPRIMER.



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