La production à l’AJC



L'AJC a pour vocation de produire des films « no budget », en concentrant son énergie sur la fabrication des films plutôt que sur la recherche de financement. C’est une question à la fois d’objet social, de spécificité dans le paysage des Ateliers en FWB et d’usage raisonné de nos ressources humaines.

Dans la limite des moyens qui lui sont octroyés, l’AJC s’engage à mettre tout en œuvre pour garantir la bonne fin de la production des films, à savoir :
- que chaque film pris en production soit suivi par un(e) responsable de production ;
- que l’auteur et ses techniciens bénéficient d’un accueil humain et technique ;
- qu’ils aient accès au matériel de tournage et de post-production ;
- que la diffusion du film soit assurée (avec, s’il le souhaite, la collaboration de l’auteur).

Pour mener à bien ces missions, l’AJC peut conclure des partenariats (y compris des relations de coproduction) tels que définis dans la suite du document.
La seule limite pour l’AJC consiste à ne pas se retrouver lié par une série d’engagements spécifiques, relevant de la position du « producteur classique ». Ces engagements, auxquels l’AJC ne peut être tenu, sont les suivants :

1.Elaborer dossiers et budgets en vue de rechercher des financements.
2.Déposer en son nom auprès de Commissions de sélection.
3.Récolter et gérer des fonds.

4.Etre lié financièrement par la « garantie de bonne fin » vis-à-vis de partenaires créditeurs.
Le « No budget » n'implique pas pour autant que les films se fassent totalement sans argent.

Souvent même avant la remise d’un dossier à l’AJC, les auteurs/réalisateurs investissent temps et argent dans leur projet. Les investissements personnels sont pris en compte dans notre contrat de session de droits, et remboursés en priorité en cas d'éventuelles recettes (déduction faite de 25% pour les frais de distribution, ce qui est une forme de mutualisation bénéficiant à l’ensemble des films). Autant le savoir, en dépit d’une excellente diffusion (surtout en festivals), la vente proprement dite des films d’Ateliers en général demeure marginale et peu rémunératrice.

Il arrive également, même si c’est plus rare, qu’une structure publique ou privée ait soutenu partiellement un projet avant son arrivée à l’AJC.

Afin d’en évaluer la compatibilité avec la production « no budget » à l’AJC et afin d’éviter les malentendus et situations de « fait accompli » difficiles à gérer, l’auteur s’engage à clarifier la situation de son projet lors du dépôt de son projet (au plus tard avant la signature du contrat avec l’AJC et a fortiori la mise en chantier du projet).

A noter que le contrat de cession de droits sera signé par l’AJC soit avec l’auteur, soit avec sa propre association (ou association d’auteurs-réalisateurs constituée afin de produire leurs propres films).

Dans son dossier et au plus tard avant la signature du contrat avec l’AJC, l’auteur s’engage à clarifier :

1.Sa « situation de production » antérieure à son dépôt de dossier à l’AJC ;
2.les aides et soutiens dont il aurait déjà bénéficié ;
3.les éventuelles autres demandes d’aides en cours ou envisagées.

Un apport de service (voire d’argent) peut aussi avoir lieu en cours de processus de post-production, surtout si celui-ci s’étale dans la durée. C’est d’autant plus vrai ces dernières années, avec la difficulté de fidéliser des techniciens soumis à la limitation du droit aux allocations intermittentes.


Tout en restant fidèle à la philosophie du « no budget », des apports de tiers (en argent ou en services) peuvent donc être pratiqués à l’AJC à condition que l’Atelier ne se retrouve pas dans la posture de « producteur classique » décrite en introduction.

1. Les apports financiers possibles à l’AJC (sans relation de coproduction).

a) Les bourses, mécénats et collectes de fonds (« crowdfunding »), avec mention possible au générique.
b) L’aide à l’écriture octroyée par un Atelier (de production ou d’accueil) de la FWB ou par la FWB elle-même.
c) L’aide à la promotion octroyée par la FWB, sur la seule condition d’une sélection dans un festival figurant sur leur liste spécifique, aide qui est systématiquement sollicitée par l’AJC lorsqu’un film en diffusion remplit cette condition.
d) Le Filmlab (FWB), à condition que l’auteur fasse la demande en son nom, ne sollicite l’AJC ni pour la réalisation du dossier de demande ni comme garant.

2. Les apports financiers possibles à l’AJC (avec relation de coproduction).

Le cas « limite » (plutôt exceptionnel) d’un apport en argent (ne rentrant pas déjà dans les cas repris au point ci-dessus) de la part d’une structure publique ou privée est également possible dans le cadre d’une relation de coproduction, pour autant que cela ne mette pas l’AJC face à une quelconque obligation relevant de la mission d’un « producteur classique » décrite en introduction.

3. Les apports en service possibles à l’AJC (avec ou sans relation de coproduction).

a) Tout apport en service (post-production) de la part d’un autre Atelier de production de la FWB (c’est-à-dire que ce n’est pas possible avec les Ateliers d’accueil, WIP et CBA).
b) Tout apport en matériel de la part d’un autre Atelier de la FWB (de production ou d’accueil).
c) Tout apport en service (matériel, post-production, promotion ou diffusion) de la part d’une structure publique ou privée, une fois encore tant que cela ne met pas l’AJC face à une quelconque obligation relevant de la mission d’un « producteur classique » décrite en introduction.
d) Concernant le cas spécifique de la diffusion, voir le point 5 ci-dessous.

4. La relation de coproduction entre l’AJC et un tiers.

Dans les cas repris aux points 2 et 3, si un tiers apportant un soutien en argent ou en service veut apparaître comme producteur, cela implique qu’il devienne coproducteur avec l’AJC. Cela implique :

a) La formalisation écrite d’un contrat de coproduction, mentionnant les apports et les engagements de chaque partie ;
b) La mention explicite des coproducteurs, AJC et tiers, au générique, dans tout matériel de promotion du film, dans notre catalogue ainsi que dans notre Bilan ;
c) L’élaboration éventuelle par les co-contractants d’une valorisation chiffrée de leur apport, s’il s’agit d’établir dans le contrat de coproduction une clef de répartition d’éventuelles recettes.

5. La diffusion.

a) Dans le cas classique où l’AJC diffuse un film coproduit, les résultats de la diffusion peuvent être fournis sur demande (selon périodicité et durée à convenir).
b) Dans le cas d’une convention de partage de la diffusion avec un tiers voire de délégation totale de celle-ci, le tiers s’engagera à fournir à l’AJC un bilan de diffusion (selon périodicité et durée à convenir) afin que ces informations puissent être mentionnées dans le Bilan annuel de l’AJC.
c) Toute recette fera l’objet d’une notification de la part du diffuseur (AJC ou tiers) à l’auteur et au partenaire, afin d’en permettre la répartition (frais retenus, couloir prioritaire à rembourser, solde).

6. Cas particulier des films inachevés à l’AJC.

Si pour une raison de force majeure, au terme d’une période raisonnable de production et des efforts y consacrés de part et d’autre, la réalisation d’un film produit par l’AJC s’avérait impossible dans le cadre proposé et contractuellement conclu à l’entrée en production, une négociation devra avoir lieu pour revoir de commun accord les termes de notre contrat, décharger l’AJC de ses missions et, dans l’éventualité de l’intervention d’une autre structure de production, pour valoriser moralement et matériellement l’apport de l’AJC. Dans ce cas, l’AJC resterait producteur minoritaire vis-à-vis d’un éventuel producteur majoritaire et peut à ce titre fixer certains engagements intangibles (en matière d’information sur la diffusion et les recettes, cfr. le point 5).

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